Les courses cyclistes du monde : légendes de la montagne, des pavés et de la piste
Des grands tours de plus de 3 000 km en trois semaines, des classiques où il faut tenir 260 km de pavés en une journée, des duels au millième de seconde sur une piste relevée de 250 m, et des courses d’ultra-distance qui traversent des continents au prix de nuits écourtées : les courses cyclistes de la planète se déploient une à une en cartes, calendriers, profils altimétriques et animations.
Lecture : environ 30 min7 éléments interactifs · 8 infographiesRésultats à jour en octobre 2026
113éditions
Nombre d’éditions du Tour de France disputées jusqu’en 2026 (première édition en 1903)
43.227km/h
Vitesse moyenne du vainqueur du Tour 2026 — la plus élevée de l’histoire de l’épreuve
22titres
Nombre de médailles d’or olympiques en cyclisme (route, piste, VTT, BMX en deux disciplines)
56.792km
Record de l’heure de Filippo Ganna (2022) — la plus grande distance parcourue en une heure
Les courses de la planète : carte et calendrier
La saison cycliste commence au cœur de l’été austral. En janvier, le Tour Down Under, à Adélaïde (Australie), ouvre la saison professionnelle sur route ; après les courses du désert au Moyen-Orient en février, la scène se déplace en Europe en mars. De mars à avril, c’est la saison des « classiques de printemps » : des courses d’un jour, où tout se joue en une journée, enflamment tour à tour l’Italie, la Belgique et le nord de la France. Trois épreuves de trois semaines, les grands tours — le Giro d’Italia en mai, le Tour de France en juillet et la Vuelta a España en août-septembre — occupent l’été ; puis, quand la saison sur route s’achève avec les Championnats du monde en septembre et le Tour de Lombardie en octobre, le cyclo-cross boueux et la piste couverte prennent le relais pour l’hiver.
Il n’y a pas que la route. Les disciplines régies par l’Union cycliste internationale (UCI) comprennent la route, la piste, le VTT, le BMX, le cyclo-cross et le gravel, chacune avec sa Coupe du monde et ses Championnats du monde. Ajoutez-y les courses de gravel nées en dehors du système UCI et les courses d’ultra-distance de plusieurs milliers de kilomètres sans arrêt, et la carte des compétitions cyclistes n’a jamais été aussi vaste ni aussi variée. Filtrez les épreuves par discipline sur la carte ci-dessous ; cliquez sur une barre du calendrier ou un point de la carte pour découvrir le caractère de la course et ses informations clés.
Interactive 01
Calendrier des courses & carte du monde
Les mois indiqués correspondent à la période habituelle de chaque épreuve lors des dernières saisons. Les courses dont le lieu change chaque année, comme les Championnats du monde, sont placées sur le site de l’édition 2026 (ou de la plus récente ou la prochaine).
Les grands tours : trois semaines, 21 étapes, une épopée de 3 000 km
Un grand tour est une course par étapes qui relie chaque jour une ville de départ et une ville d’arrivée différentes. Au fil des 21 étapes, on additionne les temps réalisés sur chacune d’elles, et le coureur au total le plus faible remporte le classement général. La victoire d’étape revient à celui qui franchit la ligne en premier ce jour-là, mais le vainqueur des trois semaines est « celui qui a le moins perdu ». Sur les étapes de plaine, les sprinteurs se jettent sur la ligne à 60–70 km/h ; en montagne, les grimpeurs creusent des écarts de plusieurs minutes ; dans le contre-la-montre individuel, chacun lutte seul contre le vent pour gagner des secondes. Comme il faut tenir sur tous ces terrains pour remporter le général, le vainqueur d’un grand tour est considéré comme le coureur le plus complet.
Le Tour de France est né en 1903 d’une course imaginée par le quotidien sportif « L’Auto » pour doper ses ventes. La première édition comptait 6 étapes et 2 428 km, et son vainqueur, Maurice Garin, avait roulé à environ 25,7 km/h de moyenne. Plus de 120 ans plus tard, en 2026, la 113e édition est partie de Barcelone, en Espagne, pour 3 245 km de course, et son vainqueur Tadej Pogačar a roulé à 43,227 km/h de moyenne, le Tour le plus rapide de l’histoire. Avec cette victoire, Pogačar rejoint Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain au rang des quintuples vainqueurs du Tour.
Le Giro d’Italia a été créé en 1909 par « La Gazzetta dello Sport ». Le maillot rose du leader, la « maglia rosa », vient de la couleur du papier sur lequel ce journal était imprimé. Le Giro est réputé pour ses ascensions extrêmes dans les Dolomites et les Alpes et pour la météo capricieuse de mai ; le plus haut col de la course est doté d’un prix spécial de la montagne, la « Cima Coppi », du nom du légendaire Fausto Coppi. L’édition 2026 est partie de Bulgarie pour s’achever à Rome ; Jonas Vingegaard l’a remportée dès sa première participation, devenant le huitième homme à avoir gagné les trois grands tours.
Lancée en 1935, la Vuelta a España est le plus jeune des grands tours. Disputée en fin de saison, de fin août à septembre, elle sert souvent de revanche aux coureurs déçus par le Tour, et se distingue par des arrivées au sommet courtes et brutales, aux pentes flirtant avec les 20 %, comme l’Alto de l’Angliru. L’édition 2026, partie de Monaco, s’est achevée à Grenade : après l’abandon sur chute de Pogačar, qui dominait la course, lors de la 8e étape, l’Espagnol Enric Mas a décroché la première victoire en grand tour de sa carrière. C’était la première victoire d’un Espagnol sur la Vuelta depuis Alberto Contador en 2014.
Le langage des maillots
Si l’on remarque à la télévision des coureurs aux maillots de couleurs différentes, c’est parce que le leader de chaque classement porte un maillot distinctif le lendemain. Outre le leader du classement général (jaune sur le Tour, rose sur le Giro, rouge sur la Vuelta), il existe le classement par points, établi selon les places aux arrivées d’étape et aux sprints intermédiaires ; le classement de la montagne, qui récompense les premiers au sommet des côtes et des cols ; et le classement du meilleur jeune, attribué au coureur de 25 ans ou moins le mieux placé au général. Quand un coureur mène plusieurs classements à la fois, il porte le maillot le plus prestigieux, et les autres sont portés par le coureur classé juste derrière.
Interactive 02
Les grands tours comparés : parcours, chiffres et maillots 2026
La carte du parcours est un schéma reliant en ligne droite les villes de départ et d’arrivée de chaque étape ; elle ne suit pas les routes réelles. Les pointillés indiquent les transferts entre étapes. La distance du Tour 2026 correspond au kilométrage réellement couvert, raccourci en raison d’incendies et d’une canicule.
Les ascensions mythiques : la souffrance en chiffres
Les grands tours se jouent pour l’essentiel en montagne. Sur le plat, des dizaines de coureurs roulent en un seul bloc et s’abritent mutuellement du vent ; mais dès que la pente dépasse 7–8 %, la vitesse tombe autour de 20 km/h, la part de la résistance de l’air diminue, et le rapport poids/puissance (W/kg) décide de presque tout. Se cacher dans une roue n’apporte plus grand-chose : le plus fort apparaît au grand jour.
Pour juger de la difficulté d’une ascension, la longueur et la pente moyenne ne suffisent pas. À 8 % de moyenne, une montée régulière de bout en bout et une autre alternant 5 % et 12 % ne se ressentent pas du tout de la même façon. Coureurs et cyclosportifs consultent donc le profil altimétrique, qui détaille la pente kilomètre par kilomètre. Le graphique ci-dessous indique par une couleur la pente moyenne de chaque kilomètre : plus on va du vert vers le rouge et le violet, plus c’est raide. Des 21 lacets de l’Alpe d’Huez aux pentes calcaires sans un arbre du Mont Ventoux, en passant par le Tourmalet dans les Pyrénées, le Stelvio et ses 2 757 m d’altitude, et les impitoyables Mortirolo, Zoncolan et Angliru, comparez le visage de chaque ascension.
Interactive 03
Profils des ascensions mythiques
~4%4–66–88–1010–1313%+
Monuments et classiques : tout se joue en un jour
Si le grand tour de trois semaines est un roman, la classique d’un jour est une nouvelle. Six ou sept heures après le coup de pistolet, celui qui franchit la ligne le premier rafle tout. Les cinq courses les plus anciennes et les plus prestigieuses portent le nom de Monuments : Liège-Bastogne-Liège, la doyenne, née en 1892 ; Paris-Roubaix (1896) ; le Tour de Lombardie (1905) ; Milan-San Remo (1907) ; et le Tour des Flandres (1913). Toutes les cinq mesurent entre 240 et 300 km, bien plus qu’une étape moyenne de grand tour.
Chaque Monument a sa personnalité. En mars, Milan-San Remo, avec ses quelque 300 km, est la plus longue course d’un jour du calendrier professionnel ; tout se décide dans la Cipressa et le Poggio, sur la côte méditerranéenne. Début avril, le Tour des Flandres, fête nationale belge, enchaîne des monts pavés et pentus de quelques centaines de mètres ; une semaine plus tard, Paris-Roubaix éprouve les coureurs non pas par des côtes, mais par des dizaines de kilomètres de pavés. Fin avril, Liège-Bastogne-Liège et ses côtes raides des Ardennes favorisent les grimpeurs ; en octobre, le Tour de Lombardie, surnommé la « classique des feuilles mortes », clôt la saison sur les routes de montagne qui entourent le lac de Côme aux couleurs de l’automne.
L’Enfer du Nord : Paris-Roubaix
Parmi elles, Paris-Roubaix est à part. Malgré son nom, elle part aujourd’hui de Compiègne, au nord de Paris, pour s’achever sur le vélodrome à ciel ouvert de Roubaix, près de la frontière belge ; entre les deux, elle emprunte 30 secteurs de pavés, ces rudes chemins agricoles en blocs de granit, pour un total d’environ 55 km. Les organisateurs attribuent à chaque secteur une difficulté de 1 à 5 étoiles selon sa longueur, son état et sa position dans la course ; seuls trois secteurs obtiennent cinq étoiles : la Trouée d’Arenberg, Mons-en-Pévèle et le Carrefour de l’Arbre. Les roues rebondissent sur les pavés, la boue recouvre tout quand il pleut et la poussière quand il fait sec ; crevaisons et chutes s’enchaînent, d’où le surnom d’« Enfer du Nord ». Outre la prime, le vainqueur reçoit un trophée constitué d’un pavé posé sur un socle.
Interactive 04
Carte des 30 secteurs pavés de Paris-Roubaix
Liste des secteurs de l’édition 2025 (55,3 km de pavés sur 259,2 km). L’édition 2026 comptait 30 secteurs pour 54,8 km, avec les mêmes secteurs cinq étoiles. L’intensité des vibrations de l’animation est proportionnelle au nombre d’étoiles.
La science du peloton : pourquoi rouler ensemble fatigue moins
Sur le plat, au-delà de 40 km/h, l’essentiel de l’effort d’un coureur sert à repousser l’air. La résistance aérodynamique est proportionnelle au carré de la vitesse et la puissance nécessaire pour la vaincre au cube de la vitesse : la moindre accélération fait grimper l’effort en flèche. C’est pourquoi, sur route, les coureurs se glissent juste derrière celui qui les précède, dans « l’ombre » laissée par les tourbillons d’air. C’est l’aspiration (on dit aussi « rouler dans les roues »), et le groupe compact de dizaines, voire de centaines de coureurs s’appelle le peloton.
L’effet de l’aspiration est plus important qu’on ne le croit. En 2013, l’équipe de Bert Blocken, de l’université de technologie d’Eindhoven (Pays-Bas), a analysé par mécanique des fluides numérique (CFD) deux coureurs roulant l’un derrière l’autre : le second, buste relevé, réduit sa traînée d’environ 27 %. Fait intéressant, celui de devant voit aussi sa traînée diminuer de 1 à 3 % environ grâce à l’air poussé par le coureur qui le suit. En 2018, la même équipe a modélisé un peloton complet de 121 coureurs, avec un résultat stupéfiant : au milieu et à l’arrière du peloton, un coureur ne subit que 5 à 10 % de la traînée qu’il subirait seul. C’est un gain bien plus important que l’idée reçue de « 50 à 70 % » issue d’expériences sur de petits groupes. À l’inverse, le coureur en tête prend le vent quasiment comme s’il roulait seul.
Cette physique façonne la tactique des courses sur route. Elle explique pourquoi les équipiers (domestiques) emmènent leur leader en tête, pourquoi un échappé seul, après des dizaines de kilomètres en tête, se fait reprendre par le peloton juste avant l’arrivée, et pourquoi les coéquipiers d’un sprinteur s’alignent devant lui dans le « train de lancement ». Les jours de fort vent latéral, les coureurs forment des bordures, en diagonale face au vent de travers, et ceux qui ne trouvent pas de place dans la largeur de la route sont irrémédiablement lâchés. Dans le simulateur ci-dessous, faites glisser « moi », en orange, à différents endroits du peloton.
Interactive 05
Simulateur d’aspiration dans le peloton
← Vent de face (vent relatif 45 km/h)
Modèle : un modèle simple, où le sillage du coureur de devant s’atténue avec la distance et l’écart latéral, a été calibré sur les résultats de Blocken et al. (2013 : réduction d’environ 27 % pour le second de deux coureurs en file ; 2018 : 5 à 10 % au milieu et à l’arrière d’un peloton de 121 coureurs). La puissance est une estimation pour 45 km/h, 70 kg, un CdA de 0,30 m² et un coefficient de résistance au roulement de 0,004.
Championnats du monde et Jeux olympiques : le maillot arc-en-ciel et les anneaux
Pour un coureur professionnel, le maillot arc-en-ciel est aussi prestigieux qu’un grand tour. Les Championnats du monde UCI sur route ont débuté en 1921 à Copenhague avec une course amateur masculine ; la première course professionnelle s’est tenue en 1927 sur le Nürburgring, en Allemagne, et a été remportée par l’Italien Alfredo Binda. La course féminine a été ajoutée en 1958. Le vainqueur reçoit un maillot blanc barré sur la poitrine de cinq bandes bleue, rouge, noire, jaune et verte ; ces cinq couleurs, les mêmes que celles des anneaux olympiques, symboliseraient les cinq continents. Le champion peut porter ce maillot pendant un an, jusqu’aux Mondiaux suivants, mais uniquement dans les épreuves de la discipline où il a été titré ; il pourra ensuite arborer à vie des liserés arc-en-ciel aux manches et au col.
Contrairement aux grands tours, les Championnats du monde se disputent en équipes nationales. Les coéquipiers qui aident d’ordinaire le même leader deviennent rivaux le temps d’une journée. Le parcours change chaque année ; il s’agit généralement d’un circuit autour d’une ville parcouru plusieurs fois, dont les côtes répétées usent peu à peu les organismes. En 2024, à Zurich (Suisse), Tadej Pogačar s’est imposé après une attaque en solitaire à 51 km de l’arrivée ; en 2025, à Kigali (Rwanda), pour les premiers Mondiaux organisés en Afrique, il a roulé seul 66 km pour conserver son titre. Aux Mondiaux 2026 de Montréal (Canada), l’Américain Brandon McNulty l’a emporté, devenant le premier champion du monde élite sur route américain depuis 1993. Chez les femmes, le maillot arc-en-ciel est revenu à Lotte Kopecky en 2024, à la Canadienne Magdeleine Vallières en 2025 et à Demi Vollering en 2026.
Le cyclisme figure au programme des Jeux olympiques depuis la toute première édition, à Athènes en 1896. Aux Jeux de Paris 2024, 22 médailles d’or étaient en jeu — 11 pour les hommes et 11 pour les femmes — dans cinq disciplines : la route (course en ligne et contre-la-montre individuel), la piste, le VTT cross-country (XCO), le BMX racing et le BMX freestyle park ; pour la première fois de l’histoire du cyclisme, le programme était parfaitement paritaire. Chez les hommes, Remco Evenepoel a remporté la course en ligne de 273 km, qui passait par la butte Montmartre, réalisant le doublé avec le contre-la-montre ; chez les femmes, la victoire est revenue à l’Américaine Kristen Faulkner. Les Jeux de Los Angeles 2028 conserveront 22 épreuves.
Infographic
Le maillot arc-en-ciel et les 22 médailles d’or olympiques
1927Premiers Mondiaux professionnels · naissance du maillot arc-en-ciel
1 anPorté uniquement dans la discipline et la catégorie remportées
À vieLiserés arc-en-ciel aux manches et au col pour les anciens champions
Cyclisme sur piste : une partie d’échecs sur un anneau relevé de 250 m
Les épreuves sur piste se disputent dans une enceinte couverte, le vélodrome. Les pistes homologuées pour les Jeux olympiques et les Mondiaux mesurent 250 m au tour, et l’extérieur des virages est incliné à près de 45°. Une pente aussi forte est nécessaire pour encaisser la force centrifuge produite lorsque les coureurs prennent les virages à 60–70 km/h. Faute de vitesse suffisante, on glisse vers le bas : les coureurs doivent donc maintenir une vitesse minimale. Le vélo de piste n’a ni freins ni dérailleur ; son pignon fixe relie directement la roue arrière aux pédales, si bien que la roue s’arrête dès que l’on cesse de pédaler.
Les épreuves sur piste se divisent en deux grandes familles : le sprint (vitesse) et l’endurance (demi-fond). En vitesse, on trouve la vitesse individuelle, où deux coureurs s’affrontent sur trois tours en cherchant à se placer dans la roue de l’autre, la vitesse par équipes, où trois coureurs mènent chacun un tour, et le keirin, né au Japon. Le keirin est apparu en 1948 à Kitakyūshū comme course de paris, avant d’entrer au programme olympique aux Jeux de Sydney 2000 (2012 à Londres pour les femmes). La course se dispute sur 6 tours d’une piste de 250 m : une moto d’entraînement, le « derny », emmène d’abord les coureurs en accélérant progressivement de 30 à 50 km/h, puis quitte la piste à 3 tours (750 m) de l’arrivée ; c’est alors que commence le vrai sprint. Dépasser le derny entraîne la disqualification.
La reine des épreuves d’endurance est la poursuite par équipes. Des équipes de quatre coureurs parcourent 4 km ; deux équipes s’élancent simultanément de points diamétralement opposés de la piste et se poursuivent. Tout l’art consiste à se relayer en tête pour se partager la résistance de l’air ; le temps est pris sur la roue avant du troisième coureur. En février 2026, le Danemark a établi le record du monde masculin en 3 min 39 s 977, soit une moyenne d’environ 65,5 km/h. Citons aussi l’omnium, qui additionne les points de quatre courses disputées en une journée (scratch, tempo, élimination et course aux points), et l’américaine, où deux coureurs se relaient en se lançant d’un jeté de main.
Interactive 06
Le vélodrome et la course de keirin
Principaux records du monde sur piste
Épreuve
Record du monde masculin
Record du monde féminin
200 m lancé
8,857 s · Matthew Richardson (2025)
9,759 s · Emma Finucane (2026)
Vitesse par équipes
40,949 s · Pays-Bas (2024)
45,186 s · Grande-Bretagne (2024)
Poursuite par équipes 4 km
3:39.977 · Danemark (2026)
4:02.808 · Grande-Bretagne (2026)
Le record de l’heure : une heure, un homme face au chrono
Le record de l’heure est le plus simple et le plus cruel des records : seul sur la piste, il faut parcourir la plus grande distance possible en une heure exactement. Pas d’adversaire, pas de tactique, pas d’aspiration. Les records officiels commencent en 1893 avec les 35,325 km d’Henri Desgrange, également fondateur du Tour de France, à Paris. Fausto Coppi en 1942 puis Jacques Anquetil en 1956 ont pris la relève ; en 1972, Eddy Merckx a choisi la piste de Mexico, à plus de 2 000 m d’altitude. Dans cet air raréfié, qui réduit la résistance mais aussi l’oxygène disponible, il a parcouru 49,431 km.
Dans les années 1980-1990, l’innovation matérielle a fait grimper le record. En 1984, Francesco Moser a dépassé les 51 km avec des roues lenticulaires ; dans les années 1990, Chris Boardman et Graeme Obree se sont livré bataille avec des positions aérodynamiques extrêmes, comme la « position Superman » bras tendus vers l’avant, et Boardman a porté le record à 56,375 km en 1996. Face à l’emballement de la course au matériel, l’UCI a instauré en 2000 le « record de l’heure athlète », réservé à des vélos traditionnels comparables à ceux de l’époque Merckx, et a reclassé les records de 1984 à 1996 en « meilleure performance humaine » (Best Human Effort). C’est sous ce règlement que Boardman a parcouru 49,441 km, battant le record de Merckx d’à peine 10 m.
En 2014, l’UCI a unifié la réglementation en autorisant les vélos de poursuite modernes, ce qui a relancé les tentatives. Jens Voigt, Rohan Dennis, Bradley Wiggins (54,526 km) et Victor Campenaerts ont tour à tour amélioré le record, avant que l’Italien Filippo Ganna n’établisse en octobre 2022, à Granges (Suisse), le record actuel de 56,792 km, soit une heure tenue à 56,8 km/h de moyenne. Chez les femmes, le record appartient à l’Italienne Vittoria Bussi avec 50,455 km, réalisés en 2025 à Aguascalientes (Mexique).
Interactive 07
Chronologie du record de l’heure 1893–2025
VTT, BMX et cyclo-cross : courir dans la terre
L’épreuve phare du VTT est le cross-country olympique (XCO). Les coureurs bouclent plusieurs tours d’un circuit de 4 à 6 km en terrain montagneux pendant environ 80 à 100 minutes ; montées, passages rocheux et descentes raides mettent à l’épreuve à la fois le physique et la technique. Discipline olympique depuis les Jeux d’Atlanta 1996, le XCO a été rejoint plus récemment par le short track (XCC), couru sur un circuit court pendant 20 minutes à une heure environ, devenu une épreuve phare de la Coupe du monde. La descente (DH) en est l’exact opposé : les coureurs s’élancent un par un du sommet et dévalent une piste de 2 à 5 minutes à peine ; le plus rapide l’emporte, après avoir franchi sauts et zones rocheuses à plusieurs dizaines de km/h. Aux Mondiaux 2026 de Val di Sole (Italie), Tom Pidcock et la Suissesse Sina Frei ont décroché le maillot arc-en-ciel en XCO, le Canadien Jackson Goldstone et l’Autrichienne Valentina Höll en descente. Höll est championne du monde pour la cinquième année consécutive.
Le BMX racing, où jusqu’à 8 pilotes s’élancent ensemble d’une butte de départ inclinée sur une courte piste en terre enchaînant bosses et virages relevés, est olympique depuis les Jeux de Pékin 2008 ; le BMX freestyle park, où des juges notent les figures, a fait son entrée aux Jeux de Tokyo 2020. Le cyclo-cross est une discipline d’automne et d’hiver très populaire en Europe, surtout en Belgique et aux Pays-Bas. Sur un circuit de 2,5 à 3,5 km d’herbe, de boue et de sable, parsemé d’obstacles jusqu’à 40 cm de haut et d’escaliers, les coureurs doivent parfois courir le vélo sur l’épaule. Les premiers Mondiaux ont eu lieu à Paris en 1950, et une course dure environ 40 à 60 minutes. Le Néerlandais Mathieu van der Poel a décroché aux Mondiaux 2026 de Hulst son 8e titre élite, record absolu de la discipline.
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Anatomie des parcours de quatre disciplines tout-terrain
Gravel et ultra-distance : jusqu’au bout de la route
Le genre qui a connu la croissance la plus rapide depuis les années 2010 est la course de gravel : on y roule sur un vélo à cintre route sur des chemins agricoles et forestiers non revêtus, à mi-chemin entre la route et le sentier. Son épreuve emblématique est l’Unbound Gravel, à Emporia, dans le Kansas. Créée en 2006 sous le nom de « Dirty Kanza », elle a pris son nom actuel en 2020, et son parcours phare atteint 200 miles (environ 320 km). Son attrait : professionnels et amateurs prennent le même départ. En 2026, le Danois Mads Würtz Schmidt a remporté le parcours de 206,9 miles en 9 h 14 min 51 s, et Sofía Gómez Villafañe, d’origine argentine, s’est imposée en 10 h 31 min 37 s. L’UCI organise également des Championnats du monde de gravel depuis 2022.
L’ultra-distance va encore plus loin. Lancée en 1982 avec quatre coureurs, la Race Across America (RAAM) relie la côte ouest à la côte est des États-Unis sur environ 3 000 miles (environ 4 800 km) ; le chronomètre ne s’arrête jamais après le départ, si bien que le temps de sommeil compte aussi. Le record masculin appartient à l’Autrichien Christoph Strasser : 7 jours 15 h 56 min, en 2014. Créée en 2013 par le regretté Mike Hall, la Transcontinental Race est une course en autonomie complète qui interdit toute assistance extérieure et toute aspiration ; en 2026, elle a relié Trondheim (Norvège) à Kalamata (Grèce), soit environ 4 700 km. Quant à Paris-Brest-Paris, épreuve de randonnée longue distance de 1 200 km née en 1891, c’est un brevet qui vise non pas le chrono mais l’arrivée dans les délais ; il a lieu tous les quatre ans.
Infographic
Combien de temps, quelle distance ?
Durée de course (échelle logarithmique)
Distance (km)
Unbound Gravel
~320
Milan-San Remo
298
Paris-Brest-Paris
1,200
Tour de France 2026
3,245
Transcontinental 2026
~4,700
RAAM
~4,800
Durées : pour la descente, le XCC, le XCO et le cyclo-cross, valeur médiane des fourchettes approximatives prévues par le règlement UCI ; moyenne par étape du Tour : temps du vainqueur 2026 (73 h 56 min 26 s) divisé par 21 étapes ; Unbound : temps du vainqueur masculin 2026 ; RAAM : record masculin.
Les courses féminines : une nouvelle histoire du maillot jaune
Le cyclisme féminin a une longue histoire, mais il est longtemps resté dans l’ombre des courses masculines. En 1984, un « Tour de France féminin » a été organisé en parallèle du Tour, remporté par l’Américaine Marianne Martin ; l’épreuve a ensuite survécu sous divers noms, avec des interruptions répétées. Le tournant est intervenu en 2022 : l’organisateur du Tour de France a lancé le Tour de France Femmes, et les coureuses se disputent désormais chaque été le maillot jaune sur 8 ou 9 étapes. La première édition a été remportée par la Néerlandaise Annemiek van Vleuten ; en 2026, Demi Vollering a décroché sa deuxième victoire. Vollering a aussi remporté en 2026 le Giro féminin, créé en 1988, réalisant le doublé la même année.
Il en va de même pour les classiques. Le Tour des Flandres a une course féminine depuis 2004, tandis que Paris-Roubaix n’a ouvert la sienne qu’en 2021. Aux Jeux olympiques, la parité du programme cycliste n’a été atteinte qu’à Paris 2024. Les écarts de primes et de temps d’antenne restent un défi, mais la situation évolue vite, avec notamment l’instauration d’un salaire minimum dans les équipes professionnelles féminines.
Palmarès du Tour de France Femmes
Année
Vainqueure du Tour de France Femmes
Nationalité
Vainqueure du Giro féminin
2026
Demi Vollering
Pays-Bas
Demi Vollering
2025
Pauline Ferrand-Prévot
France
Elisa Longo Borghini
2024
Katarzyna Niewiadoma
Pologne
Elisa Longo Borghini
2023
Demi Vollering
Pays-Bas
Annemiek van Vleuten
2022
Annemiek van Vleuten
Pays-Bas
Annemiek van Vleuten
Les courses et coureurs coréens
La plus grande course internationale sur route de Corée était le Tour de Korea. Organisée par la Korea Sports Promotion Foundation, inscrite à l’UCI Asia Tour, elle était classée 2.1 depuis 2014 ; en 2017, Min Kyeong-ho l’a remportée au terme de 5 jours et 778,9 km entre Yeosu et Séoul. Mais après l’édition 2019 (5 jours, 605,2 km), elle n’a plus eu lieu de 2020 à 2025. Le Tour de Gyeongnam a pris le relais : en 2025, avec 22 équipes au départ et 553,6 km de course, il a été présenté comme la première course internationale sur route organisée en Corée depuis six ans, et a de nouveau eu lieu en juin 2026.
Côté amateurs, la formule reine est la granfondo. Ce mot italien signifiant « grand fond » désigne une épreuve longue distance non compétitive ou semi-compétitive à boucler dans un temps imparti ; en Corée, le symbole en est le Seorak Granfondo, à Inje, dans la province de Gangwon. Il propose un parcours granfondo de 208 km franchissant les cols de Guryongnyeong, Jochimnyeong et Hangyeryeong, et un parcours mediofondo de 105 km ; en 2026, de fortes pluies ont fait annuler le granfondo, seul le mediofondo ayant été maintenu.
Sur piste, les Coréens enchaînent les résultats de premier plan à l’échelle asiatique. Cho Ho-sung a terminé 4e de la course aux points aux Jeux de Sydney 2000, et Jang Sun-jae a remporté trois titres (poursuite individuelle, poursuite par équipes et américaine) aux Jeux asiatiques de Doha 2006. Na Ah-reum a remporté quatre titres aux Jeux asiatiques de Jakarta-Palembang 2018 (course en ligne, contre-la-montre individuel, poursuite par équipes et américaine), une première pour le cyclisme coréen ; Lee Hye-jin, médaillée d’argent en keirin à ces mêmes Jeux pour 0,024 s, est devenue numéro un mondiale du keirin féminin en mars 2020. Par ailleurs, la Corée a lancé le gyeongnyun (keirin professionnel) en 1994 au vélodrome du parc olympique de Séoul, devenant le troisième pays au monde à l’organiser après le Danemark et le Japon ; depuis 2006, ces courses ont lieu au Gwangmyeong Speedom, dans la province de Gyeonggi.
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Chronologie du cyclisme de compétition en Corée
1994Lancement du keirin professionnel au vélodrome du parc olympique de Séoul — troisième pays au monde
2000Cho Ho-sung, 4e de la course aux points aux Jeux de Sydney
2006Le keirin s’installe au Gwangmyeong Speedom · Jang Sun-jae, triple médaillé d’or aux Jeux asiatiques de Doha
2014Le Tour de Korea passe en catégorie UCI 2.1
2017Tour de Korea Yeosu → Séoul, 778,9 km, victoire de Min Kyeong-ho
2018Na Ah-reum, quadruple médaillée d’or aux Jeux asiatiques · or en poursuite individuelle pour Park Sang-hoon · argent en keirin pour Lee Hye-jin
2019Tour de Korea, 605,2 km — plus organisé ensuite jusqu’en 2025
2025Tour de Gyeongnam, 553,6 km, 22 équipes — première course internationale sur route en Corée depuis six ans
2026Tour de Gyeongnam en juin · Seorak Granfondo réduit au mediofondo en raison de fortes pluies
Le cyclisme pro en chiffres
Le corps d’un coureur de grand tour est un moteur colossal. En 1989, l’équipe de Saris a étudié 5 coureurs du Tour de France : leur dépense énergétique quotidienne moyenne atteignait environ 25,4 MJ, soit environ 6 070 kcal, et jusqu’à environ 7 800 kcal les jours les plus durs. En 2019, l’équipe de Plasqui a mesuré 7 coureurs du Giro d’Italia par la méthode de l’eau doublement marquée (doubly labelled water) : environ 6 900 à 7 700 kcal par jour. Il faut donc avaler et digérer chaque jour, pendant trois semaines, près de trois fois l’apport quotidien recommandé pour un homme adulte : la gestion de la nutrition fait partie intégrante de la performance.
Les puissances développées en montagne sont tout aussi stupéfiantes. Lors de la 15e étape du Tour 2024, dans la montée du plateau de Beille, Pogačar aurait développé environ 6,9 W par kilo de poids corporel pendant environ 39 minutes. Pour un cyclosportif de 70 kg, cela reviendrait à tenir quelque 480 W pendant près de 40 minutes. Selon les organisateurs, 10 à 12 millions de spectateurs se massent au bord des routes pendant le Tour, et en 2025, rien qu’en France, 45 millions de personnes ont regardé la retransmission pendant au moins une minute. La prime du vainqueur du Tour 2025 s’élevait à 500 000 euros, montant inchangé depuis 2016, pour une dotation totale d’environ 2,3 millions d’euros.
6,070kcal
Dépense énergétique quotidienne moyenne d’un coureur du Tour (Saris et al., 1989)
6.9W/kg
Puissance estimée de Pogačar au plateau de Beille en 2024, sur environ 39 minutes
54,450m
Dénivelé positif cumulé du Tour 2026 — plus de 6 fois l’Everest
500,000€
Prime du vainqueur du Tour (inchangée depuis 2016)
45millions
Nombre de personnes ayant regardé le Tour au moins une minute à la télévision française en 2025
50.91km/h
L’étape en ligne la plus rapide de l’histoire du Tour (11e étape 2026)
Infographic
Vitesse moyenne des vainqueurs du Tour de France
Valeur 1903 calculée en divisant 2 428 km par 94 h 33 min 14 s. 2019–2025 : données BikeRadar ; 2026 : Cyclingnews. Les décimales varient légèrement selon les médias.
Questions fréquentes
Peut-on gagner un grand tour sans remporter une seule étape ?
Oui. Le classement général additionnant les temps des 21 étapes, il suffit de perdre chaque jour un peu moins que ses rivaux pour gagner. Des secondes de bonification sont attribuées aux vainqueurs d’étape, mais en pratique, ce sont les écarts de plusieurs minutes creusés en montagne et dans les contre-la-montre qui font la différence.
Pourquoi court-on en équipe alors que la course sur route est individuelle ?
À cause de l’aspiration. Abrité du vent par ses coéquipiers, le leader économise énormément d’énergie. Les rôles sont donc répartis au sein de chaque équipe : les « domestiques », qui protègent le leader du vent, lui apportent les bidons et chassent les échappées ; les grimpeurs, qui l’emmènent en montagne ; les poissons-pilotes, qui lancent le sprinteur. La victoire est individuelle, mais le chemin pour y parvenir relève d’un sport d’équipe à part entière.
Comment les coureurs mangent-ils et boivent-ils pendant la course ?
Grâce aux barres et gels énergétiques glissés dans leurs poches, aux bidons distribués depuis la voiture d’équipe et aux « musettes », des sacs de ravitaillement remis dans la zone de ravitaillement (feed zone) en cours de parcours. Les jours où ils dépensent plus de 6 000 kcal sont nombreux : ce qu’ils mangent en roulant dépasse à lui seul largement un repas ordinaire.
Quelle différence entre le maillot arc-en-ciel et le maillot de champion national ?
Le maillot arc-en-ciel est porté pendant un an, dans sa discipline, par le vainqueur des Championnats du monde UCI. Le maillot de champion national, lui, est porté pendant un an par le vainqueur du championnat de chaque pays et reprend les couleurs du drapeau national. Les deux se portent avec les logos des sponsors de l’équipe.
Le gyeongnyun coréen et le keirin olympique sont-ils la même épreuve ?
Ils ont la même origine mais une nature différente. Le keirin olympique est une épreuve internationale régie par l’UCI, où le derny emmène les coureurs de 30 à 50 km/h avant de s’écarter à 3 tours de l’arrivée. Le gyeongnyun coréen est une course professionnelle de paris organisée par la Korea Sports Promotion Foundation, notamment au Gwangmyeong Speedom, en vertu de la loi coréenne sur les courses cyclistes et nautiques ; son règlement et son déroulement suivent les règles nationales.
Existe-t-il des épreuves ouvertes aux cyclistes amateurs ?
Beaucoup. En Corée, les granfondos et mediofondos organisés un peu partout, dont le Seorak Granfondo, sont les plus représentatifs ; à l’étranger, citons L’Étape du Tour, qui fait rouler les amateurs sur une véritable étape de montagne du Tour de France, l’Unbound Gravel, où l’on prend le même départ que les pros, ou Paris-Brest-Paris, 1 200 km à boucler dans un délai imparti. Pour les épreuves longue distance, une révision du vélo et un plan de ravitaillement sont indispensables.
Pourquoi existe-t-il plusieurs types de records de l’heure ?
Parce que le règlement sur le matériel a changé plusieurs fois. Entre 1984 et 1996, roues lenticulaires et positions extrêmes ont fait exploser le record ; l’UCI a donc instauré en 2000 un règlement n’autorisant que des vélos traditionnels et a reclassé les records précédents en « meilleure performance humaine ». Depuis 2014, un règlement unifié autorise les vélos de poursuite modernes, et le record actuel (Ganna, 56,792 km) a été établi sous ce régime.
Sources
Les résultats et chiffres ont été compilés au 13 octobre 2026 en recoupant les sources ci-dessous. Les méthodes de calcul (section mesurée, prise en compte des étapes raccourcies, etc.) variant selon les médias, les décimales peuvent différer.
Profils altimétriques (sauf Ventoux) : calculés par la rédaction à partir des données d’altitude SRTM 30 m (OpenTopoData), échantillonnées tous les 100 m le long de l’itinéraire routier OSRM
Fond de carte : données Natural Earth 1:50m (domaine public), converties et simplifiées avec le paquet world-atlas. Les maillots ne reproduisent que les couleurs et motifs, sans logos ni marques de sponsors.